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29/04/15 le-PAYS.fr : Le Prix Vialatte 2015 attribué à Jacques A. Bertrand
28/04/15 Le Parisien : De bien jolies choses
24/04/15 France 5 : La Grande Librairie reçoit Jacques A. Betrand, lauréat du Prix Vialatte
19/04/15 Bernard Thomasson : Les choses auraient une histoire

Pascal Sigoda : Vialatte à la Revue Rhénane.

Pascal Sigoda fonde les éditions Au Signe de la Licorne , en 1996. Il devient président de la société des lecteurs de Dominique de Roux. En 1984, Il avait lancé une série de manifestations  autour de  René Daumal, Camille Renault, François Augièras, Luc Etienne. Lire la suite

L’Allemagne de Vialatte

Vialatte a fait deux grands séjours en Allemagne.
Dans les années 20, il travaille à La revue rhénane, découvre Kafka et assiste à la montée du nazisme.
Après la guerre, il revient en journaliste, chargé de couvrir les procès.
Des textes regroupés dans Les Bananes de Königsberg (Julliard 1985). Lire la suite

Comment les lansquenets d’Allemagne comprennent le goût des aventures violentes

Le racisme a fondé pour la défense de ses intérêts une foule d’associations secrètes de « lansquenets » qui se distinguent par leur antisémitisme, leur violence et leur besoin d’argent. Un grand appétit de sensations dramatiques — explicable par la latitude et le climat — joint à la nécessité d’entretenir une discipline sévère entre les complices, ont rendu le meurtre indispensable dans ces associations. Des francs-juges expédient des condamnations foudroyantes, instructives et d’un pittoresque qui doit tout à la nature : sous-bois, nuages, nuits d’automne… L’argot des « lansquenets » prête une valeur moderne et tragique à ces accessoires désuets de la « mort blanche » qu’ils attendent en violant les femmes et pillant les paysans.

Notre-Dame de la Froid-Font

Accorde un chaud soleil aux pauvres lansquenets.

Pour ne pas geler,

Nous arrachons au paysan

Sa chemise de laine :

Elle lui va si mal !

Il y a, malgré tout, une tristesse dans la destinée de ces gamins qui finissent au coin d’un bois, dans une tombe mal recouverte, parce que le génie étrange de leur race les poussait à des jeux malsains, et parce qu’un soir de leur adolescence, trompés par des lectures, séduits par des étiquettes menteuses, ils sont entrés sans trop savoir à l’auberge des mauvais garçons. C’est de là que partent les routes qui ne reviennent pas. « L’un apprit à voler, l’autre trahit sa patrie, un autre viola une jeune fille, un autre vivait d’une femme ; celui-ci était ivrogne, celui-là devint joueur. Et tous se réjouissaient de la guerre civile, du pillage, de l’incendie, du meurtre et de l’asservissement du peuple. »  J’extrais ces lignes des Mémoires de l’un d’entre eux.

C’est de même que j’emprunte ce passage où se trouve décrite la fondation de la Reichswehr noire, armée illégale et puissante, qui a fait assez parler d’elle : « Schulz nous fit tous prêter serment sur son épée. C’était la nuit. Le clair de lune jetait sur les vieux murs gris de la forteresse une lueur solennelle ; nous étions six quand nous remarquâmes qu’on nous écoutait ; après avoir poursuivi l’espion à travers les couloirs du fort, nous l’attrapâmes ; il fut abattu et enterré. Après quoi, nous renouvelâmes notre serment sur la tombe de la victime. Il y eut ensuite une beuverie où l’on porta la santé de la nouvelle Allemagne avec des mains sanglantes. »

Deux mois après, l’un des conspirateurs déclarait : « C’était une heure sublime, celle où l’on jure fidélité au chef sur la tombe même du traître ! »

Le même ancien « lansquenet » décrit encore les uniformes projetés pour le ler  régiment de la garde de l’« État militaire » que devait constituer l’Allemagne après le coup d’État des « Noirs ».

Nous avons dévoré dans notre enfance des ouvrages ornés de gravures impressionnantes représentant des conspirateurs en grand uniforme. Mais les dessins de Ziem se trouvent affadis par les photographies des journaux du soir que des hommes maigres, longs, bardés d’étiquettes et coiffés de shakos en carton bleu vous remettent pour un groschen : cagoules, masques, épées brisées, têtes de morts, rien n’y manque.

Peut-être l’Allemagne cessera-t-elle d’être à redouter le jour où les cireurs de bottes de la Potsdamer Bahnof dépouilleront spontanément leurs uniformes grenat ornés de brassards mauves et de lettres d’or.

L’intransigeant, 28 octobre 1925.

(In les Bananes de Königsberg – Éditions Julliard 1985)

Vialatte et Kafka

En 1925, alors qu’il réside à Mayence et travaille pour La Revue Rhénane, il découvre les écrits (*) de Franz Kafka (1883-1924). Un auteur qui le surprend d’abord. Qu’il admire profondément et l’influencera durablement. Mais dont il parlera toujours de façon singulière, pour en souligner le rire, sous la gravité (Voir Mon Kafka, Les belles lettres).
Il en traduira les principaux titres (Le Procès, La métamorphose, L’Amérique, La Colonie pénitentiaire, etc.). Et traduira également Nietzsche, Thomas Mann, Brecht, Goethe, von Hoffmanstahl, Gottfried Benn, Franz Werfel…

(*)« Il neigeait. Le facteur ouvrit la porte. Il ressemblait à l’arbre de Noël. C’était le vrai facteur allemand (…) il riait comme un ogre, il avait l’air d’avoir fondé lui-même l’Empire Allemand. Un fondateur, voilà la chose (…) Il posa sur ma table, avec une main poilue, un paquet de la taille et de l’épaisseur d’une brique. Quel monument voulait-il bâtir ? J’ouvris, c’était Le château de Kafka » (Mon Kafka, Les Belles Lettres).

Maurice Nadeau, éditeur : J’ai découvert Kafka grâce à Vialatte.

Biographie détaillée

  • Pierre, son frère, et Alexandre Vialatte en 1910

    1901 : Naissance à Magnac-Laval (Haute-Vienne). Son père est capitaine.

  • 1901-1913 : La famille Vialatte séjourne à Toulouse (Haute-Garonne) puis au Puy-en-Velay (Haute-loire).
  • 1915 : Le capitaine Michel Vialatte est prématurément mis en retraite pour raison de santé. La famille Vialatte s’installe à Ambert. Rencontre Paul et Henri Pourrat.
  • 1916 : Interne au lycée Notre-Dame-de-Mont-Roland à Dôle (Jura).
  • 1917 : Début de sa correspondance avec Henri Pourrat.
  • 1918 : Obtient la baccalauréat (mathématiques). Entre à l’école Sainte-Geneviève de Versailles.
  • Alexandre Vialatte
  • 1919 : Un accident à l’œil met un terme à ses rêves d’École Navale. S’installe à Clermont-Ferrand. Fait des études d’allemand. Obtient un poste de répétiteur à Thiers.
  • 1921 : Quitte le collège de Thiers. Obtient un poste de répétiteur à Ambert. Lecture du manuscrit de Gaspard des Montagnes.
  • 1922 : Part pour la Rhénanie comme « traducteur civil dans les bureaux militaires ». Séjourne à Spire puis à Mayence. Devient collaborateur de la revue rhénane Rheinische Blätter.
  • 1923 : Mort de Paul Pourrat.
  • Alexandre Vialatte, premier en partant de la gauche

    1924-1925 : Service militaire à Berlin.

  • 1925 : Découvre les écrits de Franz Kafka
  • 1928 : S’installe à Firminy (Loire). Parution de Battling le ténébreux (Gallimard).
  • 1929 : Épouse Hélène Gros-Croissy. S’installe à Clermont-Ferrand, rue Thomas. Parution de La Métamorphose de Franz Kafka (Gallimard)
  • 1930 : Naissance de son fils Pierre-Daniel.
  • 1933 : Traduit Le Procès et Le Château. Lauréat de la fondation Blumenthal pour Battling le Ténébreux.
    De gauche à droite Henri Pourrat, Alexandre Vialatte, la soeur d'Alexandre Vialatte.

    Collabore au Petit Dauphinois et au Moniteur sous le pseudonyme de François Jeudi et au Nouvel Âge sous son propre nom.

  • 1934 : S’installe à Paris, rue de Broca (XIIIe).
  • 1936 : Parution de La Basse Auvergne (J. de Gigord/Collection Gens et Pays de Chez Nous).
  • 1937 : Parution de Badonce et les Créatures, Le Concerto Européen, Cromwel et l’Enfant des Tropiques (Éditions de la Cigale). Part enseigner le français au lycée franco-égyptien d’Héliopolis au Caire.
  • Alexandre Vialatte, en compagnie de sa femme et de son fils.

    1939 : Retour en France. Incorporation. Collabore au Petit Dauphinois.

  • 1940 : Prisonnier. Puis malade, il est interné à l’hôpital de Saint-Ylie près de Dôle.
  • 1941. S’installe à Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme).
  • 1942 : Rédaction du Fidèle Berger.
  • Alexandre Vialatte

    1944 : Retour à Paris. Part en Allemagne comme correspondant de guerre.

  • 1946 : Parution de L’Amérique de Franz Kafka. Adaptation du Procès pour le théâtre (André Gide/Compagnie Renaud-Barrault).
  • 1948 : Rencontre Ferny Besson. Parution de La Colonie Pénitentiaire de Franz Kafka.
  • 1951 : Parution des Fruits du Congo chez Gallimard. Collabore à la revue Opéra. Apparition de la formule « Et c’est ainsi qu’Allah est grand ».
    Alexandre Vialatte, lors du Prix Goncourt

    En décembre, premières chroniques à Marie-Claire et à La Montagne. Finaliste du Prix Goncourt qui sera décerné à Julien Gracq qui le refusera.

  • 1958 : Obtient le Prix des Volcans pour l’ensemble de son œuvre. Fait partie du jury du Prix des Volcans .
  • 1959 : Mort d’Henri Pourrat.
  • 1962 : Premières chroniques à Spectacle du Monde.
  • 1966 : Fin de sa collaboration à Marie-Claire.
  • Alexandre Vialatte

    1968 : Parution des Fruits du Congo en livre de poche.

  • 1969 : « Invité du Dimanche » à la télévision, interviewé par Rémo Forlani.
  • 1971 : Meurt le 3 mai. Parution de Battling le Ténébreux en livre de poche.



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Alexandre Vialatte
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